Monument national de la tour du Diable, Wyoming, États-Unis
Au cœur des grandes plaines du Wyoming, aux États-Unis, une tour de pierre surgit, semblable à une proue dressée vers le ciel : la tour du Diable. Jadis nommée Bear Lodge (« la loge de l’ours »), ce monolithe impressionnant reçut son appellation actuelle en 1875, à la suite d’une traduction erronée du nom autochtone. En 1906, Theodore Roosevelt en fit le tout premier monument national américain.
Chaque détour de route en révèle une nouvelle perspective : dressée au-dessus des forêts de pins, la falaise striée semble défier l’orage et retenir la foudre. Mais au-delà de la géologie, ce lieu demeure habité par les récits des peuples des Plaines et des Black Hills. Arapahos, Crows, Cheyennes y transmettent depuis des siècles des légendes de métamorphoses et de puissances sacrées.
Face à cette colonne naturelle, on songe à nos propres falaises d’Étretat ou au Mont-Saint-Michel : quand la nature sculpte, elle élève aussi l’âme. Ici, pierre et mémoire se rencontrent, rappelant que le patrimoine n’est pas seulement bâti de main d’homme, mais aussi façonné par la Terre et gardé vivant par les voix des peuples.