Forêt de mélèzes dorés, Alpes (© Jose Manuel Perez/Getty Images)
Les aiguilles de mélèze servent à produire la térébenthine de Venise, utilisée en médecine douce et dans la fabrication des vernis fins.
À l'automne, les montagnes se métamorphosent en cathédrales de lumière. Dans les Alpes du Sud, notamment dans la vallée de la Clarée, le Queyras ou sur le plateau d’Emparis, le mélèze offre un spectacle rare : en été, ses aiguilles sont d’un vert tendre, puis elles virent au jaune éclatant avant de tomber, laissant les branches nues face à l’hiver. Contrairement aux autres conifères, cet arbre se dénude chaque année, comme pour renaître plus fort au printemps. Cette singularité en fait le maître des paysages alpins, où ses ramures dorées embrasent les vallées.
Présent entre 1 200 et 2 400 mètres d’altitude, il pousse là où le froid et la neige règnent. Son bois imputrescible a servi à construire chalets et granges depuis des siècles. Ses aiguilles tombées nourrissent la terre, bouclant un cycle millénaire.
Marcher sous ces forêts dorées, c’est sentir la résine, entendre le vent siffler entre les troncs et voir le soleil jouer dans les branches comme dans un vitrail. Un instant suspendu, où la montagne révèle sa beauté éphémère.