Écureuil roux d’Eurasie dans le Northumberland, Angleterre (© Michael_Conrad/Getty Images)
Dans le Northumberland, au nord de l’Angleterre, un écureuil roux d’Eurasie s’agrippe à une branche enneigée. Sa queue flamboyante ondule dans le vent glacial, telle une flamme au cœur de l’hiver. Infatigable, il cache des noix, des graines et des champignons sous la mousse pour survivre aux jours les plus rudes. Ces réserves, disséminées dans la forêt, sont parfois oubliées, contribuant à la régénération des arbres : un jardinier involontaire de la nature.
Autrefois présent dans tout le Royaume-Uni, ce petit acrobate a vu ses populations s’effondrer face à l’écureuil gris, introduit d’Amérique au XIXᵉ siècle. Plus robuste, ce dernier transmet un virus, souvent fatal pour l’espèce indigène. Aujourd’hui, les forêts de Kielder et de Harwood abritent l’un des derniers bastions de l’écureuil roux, protégées par des programmes de conservation et des bénévoles vigilants.
En France, il bondit encore de chêne en sapin, du Massif central aux Vosges, silhouette furtive dans la blancheur. Discret et joueur, il incarne la fragilité du vivant : un éclat de feu dans la neige, mémoire des forêts qui veillent et promesse d’un équilibre à préserver.