Grande Aigrette, Hongrie (© Markus Varesvuo/Nature Picture Library)
Dans la lumière dorée du crépuscule hongrois, une Grande Aigrette se penche avec délicatesse vers l’eau calme du lac Tisza, plume d’albâtre reflétée dans les reflets ambrés. Immobile, elle observe, patiente, avant de lancer son bec en une éclaboussure parfaite. Un poisson capturé, un instant suspendu.
En France, on l’aperçoit parfois dans les marais de Camargue ou de la Loire, noble cousine des hérons locaux. Mais ici, en Hongrie, ses mouvements solennels semblent porter la mémoire d’un continent.
Autrefois chassée pour ses plumes, prisées dans la haute couture parisienne du XIXe siècle, elle a failli disparaître. Il a fallu l’élan de l’indignation et la force du courage pour la sauver, dans un combat aussi élégant que déterminé. La grande aigrette nous rappelle que la beauté véritable n’est pas à posséder. Elle se contemple, dans le silence d’un soir, avec gratitude.